Histoire du Shiatsu

                                                   

Le Shiatsu , une technique manuelle ancienne

                                                                                          Le Shiatsu , une technique manuelle ancienne

Les traces les plus anciennes de thérapies manuelles remontent au VIème siècle avec l'apport, sous le nom de Kampô, des techniques fondamentales de la médecine traditionnelle chinoise dont le massage, physique et énergétique. C'est cette dimension du Kampô qui prit le nom d'Anma ou Amma, terminologie que l'on voit apparaître dans des écrits vers 700 et qui fut utilisée ensuite tout au long de l'histoire du Japon.
Celle-ci fut à cette époque très pratiquée par des aveugles dont la qualité de toucher était très appréciée, au point qu'à la fin du XIXème siècle le terme Amma, qui désigne le massage, servait également à désigner les aveugles.
Il existe des écrits sur le traitement Shiatsu et notamment sur le Shiatsu "ampuku" (du ventre) datant de plus de 150 ans comme celui écrit par Shinsai Ota par exemple.

Le Shiatsu est la synthèse des médecines autochtones du Japon et des médecines énergétiques introduites au VIème siècle en provenance de Chine. Il est le résultat de siècles de pratiques manuelles et énergétiques transmises générations après générations, réinterprétées et parfois modifiées au sein d’une société traditionnelle.
Shiatsu est une appellation générique qui se traduit en Japonais par « pression digitale ». Il n’existe pas un shiatsu, mais des shiatsu, c’est la raison pour laquelle dans la première partie du 20ième siècle on parlait de shiatsu selon telle école, selon tel ou tel maitre.
Du Japon au Sud de l’Asie, se rencontrent fréquemment des disciplines identiques. Elles sont si proches du Shiatsu qu’il est difficile de les différencier, tel le » Nuad Thaï » répandu au Laos et en Thaïlande dans l’enceinte des monastères bouddhistes.

Le Shiatsu, aujourd'hui

Le Shiatsu, aujourd'hui

Au début du 20ème siècle, le japonais Tokujiro Namikoshi (1905-2000) a été à l'origine de la création du Shiatsu moderne, issu du massage traditionnel japonais Anma. Il a développé sa technique dès l'âge de sept ans alors qu'il tentait de soulager les malaises de sa mère souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Il a constaté qu'elle se sentait mieux lorsqu'il usait de pression avec ses pouces au lieu d'effleurement et de massage. Ses maux ont finalement disparu et elle a vécu en bonne santé jusqu'à l'âge de 88 ans.
Namikoshi a mis l'accent sur la physiologie et l'anatomie et délaissé la fonction des méridiens, pour rendre le Shiatsu plus accessible au mode de pensée occidental.
Quelques années plus tard, Shizuto Masunaga, élève de Namikoshi, a réintroduit à la pratique du Shiatsu la théorie de la Médecine Traditionnelle Chinoise (Cinq Eléments, Yin et Yang, Méridiens.

On retrouve aujourd'hui deux écoles de pensée principales :

Le Shiatsu de Namikoshi, très répandu au Japon, où le praticien se concentre sur la technique du soin
Le Shiatsu de Masunaga, plus connu en Europe qu’au Japon, davantage basé sur la MTC.
Aujourd’hui en France, indépendamment de l’école de pensée choisie, l’enseignement du Shiatsu inclut obligatoirement, en dehors du travail pratique, l’apprentissage des fondements de la Médecine Traditionnelle Chinoise.
De toute façon, le Shiatsu se définit déjà à l'époque comme beaucoup plus qu'une simple technique thérapeutique. Il se présente comme une véritable philosophie de vie. Namikoshi écrivait lui-même dans son "traité de thérapeutique manuelle japonaise Shiatsu" que:

« Le Shiatsu donnera une vitalité nouvelle à l'employé de bureau et stimulera en lui l'esprit d'entreprise dont il ne se serait jamais cru capable. Il permettra à l'enseignant de transformer des cancres en élèves très doués et à l'épouse d'avoir un mari heureux et en bonne santé".
La pratique et l'action du Shiatsu sont perçues et voulues comme globales et agissantes tant sur les plans physique, psychique et spirituelle. Le fait que le Shiatsu soit une pratique "vivante" où différents courants coexistent en est également un signe incontestable.
L'après deuxième guerre mondiale vit la reconnaissance officielle du Shiatsu comme "thérapeutique" par le Ministère de la Santé japonais qui le définit en 1955 comme suit: "Shiatsu est une forme de manipulation qui utilise les pouces et les paumes des mains, sans aucun instrument mécanique ou autre, qui applique une pression sur la peau humaine, pour corriger le mauvais fonctionnement interne, favoriser et maintenir la santé et traiter les maladies spécifiques".

Il est en cela une pratique de santé étonnante. Bien avant le symptôme, l'approche énergétique orientale raisonne sa fonction en termes de terrain et d'état de santé, et non de lutte contre la maladie.
S'inscrivant dans cette vision, le Shiatsu n'est par conséquent à aucun moment en lutte, concurrence ou conflit avec la médecine moderne.
Il ne se préoccupe pas du symptôme, ce n'est pas son propos: le Shiatsu s'intéresse à la préservation de l'état de santé.
Les lignes et les points sur lesquels se fait un Shiatsu sont des méridiens et des points connus en acupuncture. Les étirements et les pressions exercés libèrent des tensions emmagasinées, témoins de déséquilibres dans les flux énergétiques.
Véritable "pratique de santé", le Shiatsu nous aide à gérer et éliminer des tensions d'ordre physiologique, celles-ci n'étant en fait bien souvent que les manifestations visibles d'autres déséquilibres intérieurs.

De par son efficacité mesurée, le Shiatsu a acquis ses lettres de noblesse et fait partie des médecines énergétiques officiellement établies au Japon.
Il est l'une des 8 approches alternatives reconnues en Europe comme
"médecine non conventionnelle digne d'intérêt" par une résolution du Parlement Européen votée le 29 mai 1997 à l'instigation de Paul Lannoye, député belge européen.
Conçu pour soigner et renforcer la santé, le shiatsu s’adresse avant tout à l’énergie vitale de chacun, à son « Ki ». Une circulation harmonieuse de cette énergie est signe de bonne santé, son déséquilibre, son absence ou sa stagnation sont les signes avant-coureurs de maladies.

La pratique du Shiatsu

Le Shiatsu se pratique toujours habillé et couché sur un matelas à même le sol. Les paumes des mains, les doigts, mais aussi les coudes, les pieds et les genoux sont utilisés dans des pressions précises et spécifiques. Il ne doit pas faire mal, ou plutôt, lorsqu’il y a douleur, le « mal » doit être ressenti comme agréable, libérateur.
Dans notre culture il n’est pas dans nos habitudes de maintenir notre équilibre de santé en agissant par la prévention.
Donc les personnes qui viennent pour recevoir une séance de Shiatsu peuvent avoir des difficultés à se mettre au sol. C’est donc pour cela que de plus en plus de thérapeutes travaillent sur table de massage.
Pour devenir thérapeute, des années de travail seront nécessaires aux débutants. L’esprit serein, l’intention en place, le geste de plus en plus sûr, la pression sera plus physique mais émanera du « Ki » global du praticien.

 

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